Guides des parcs nationaux américains
Une voiture roule vers une bifurcation entre canyons rouges, forêts, lacs, montagnes enneigées et côte au soleil couchant

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Comment choisir sa prochaine destination de road trip

Six questions concrètes pour choisir votre prochaine destination de road trip : durée réelle, saison, conduite, budget, paysages et envie de nature ou de villes.

Par Erika Müller · · 5 min de lecture

Choisir une destination de road trip revient souvent à arbitrer entre une liste de rêves et les contraintes du calendrier. Six questions factuelles suffisent à réduire cette liste à une ou deux options sérieuses. On vous les pose dans l'ordre, avec des exemples chiffrés.

Combien de jours avez-vous vraiment ?

La durée disponible, vol inclus, est le premier filtre. Avec 10 jours effectifs sur place, l'Islande reste jouable : l'anneau complet (Ring Road, environ 1 300 km) se boucle en 7 à 8 jours à un rythme raisonnable. La Nouvelle-Zélande, en revanche, se révèle décevante en moins de 14 jours : les distances intérieures sont importantes et les vols de correspondance depuis l'Europe absorbent deux jours de voyage.

Un SUV stationné près d’une route entre désert et montagnes, avec carte, boussole et cadran posés sur un rocher

L'Ouest américain est plus élastique. 15 jours suffisent pour un circuit Nevada-Utah-Arizona sans se presser, et 3 semaines ouvrent la côte Pacifique et les Rocheuses. Règle pratique : déduisez les jours de transit, comptez une nuit calme à l'arrivée et ne planifiez pas d'étape le jour du retour.

Quelle saison correspond à votre fenêtre de départ ?

La saison change tout, parfois davantage que la destination elle-même. L'Écosse est lumineuse en mai et septembre (peu de monde, lumière rasante) et franchement pénible en juillet-août (midges, foules sur la NC500). La Norvège se découpe en deux temps : fjords en juin-août, aurores boréales d'octobre à mars. Les routes de montagne y sont fermées de novembre à mai.

Le Portugal convient pratiquement toute l'année pour la conduite. L'Alentejo et l'Algarve restent agréables de mars à novembre, avec un creux de fréquentation bienvenu en mai et en octobre. Aux États-Unis, l'Ouest du Sud (Zion, Bryce Canyon, Monument Valley) est difficile à visiter en juillet-août : Moab dépasse régulièrement 40 °C à cette période.

Êtes-vous à l'aise avec la conduite locale ?

La conduite à gauche est un filtre réel. L'Écosse, la Nouvelle-Zélande et l'Irlande demandent une adaptation sérieuse les deux premiers jours. Les routes à voie unique avec « passing places » en Écosse réclament de la patience et une certaine confiance en soi. En Norvège, les tunnels sous-marins et les bacs (ferjer) imposent un rythme différent, mais la conduite reste à droite.

Aux États-Unis, les distances entre stations-service surprennent souvent les Européens. Sur certains tronçons de la Highway 101 en Oregon, il n'y a pas de station pendant 80 à 100 km. Faire le plein dès que la jauge passe sous la moitié du réservoir est une habitude qui évite bien des sueurs froides.

Quel budget carburant et logement prévoir ?

L'Islande est la destination la plus onéreuse de cette liste : le carburant y coûte environ 2,50 EUR le litre (2024), et un hébergement correct commence à 120 à 150 EUR par nuit. La Nouvelle-Zélande est comparable, avec l'avantage d'un réseau de campings bien développé (environ 20 à 30 NZD par nuit).

La Norvège est chère en nuits d'hôtel, mais les aires de camping sauvage (allemannsretten) sont légales et gratuites. Le Portugal et l'Écosse sont les destinations les plus accessibles : on trouve facilement des hébergements à 60 à 80 EUR hors saison. Pour les parcs américains, le pass annuel America the Beautiful (environ 80 USD) rentabilise dès le troisième parc. Le camping dans les parcs nationaux tourne autour de 20 à 35 USD par nuit.

Quels paysages vous font vibrer ?

La question semble évidente, mais elle départage les destinations très vite. Déserts rouges et arches de grès : l'Ouest américain (Utah, Arizona) n'a pas d'équivalent à cette échelle. Glaciers et volcans actifs sur un territoire compact : l'Islande. Fjords : la Norvège s'impose naturellement. Landes, lochs et falaises côtières : l'Écosse. Lumière chaude, vignes et littoral océanique : le Portugal.

Un conseil : ne cherchez pas à tout combiner en un seul voyage. Un road trip réussi suit une cohérence visuelle. Deux ou trois dominantes de paysage suffisent à construire un itinéraire qui tient la route, dans tous les sens du terme.

Nature sauvage ou villes à étape ?

Un parc comme Denali ou Death Valley n'a pas grand-chose à offrir si vous aimez flâner dans des marchés couverts et des restaurants de quartier. À l'inverse, une étape obligatoire dans une grande ville peut casser le rythme d'un voyage en nature profonde.

L'Ouest américain combine les deux avec souplesse. Nos itinéraires partent souvent de Las Vegas ou de Los Angeles, deux villes avec des liaisons directes depuis Paris-Charles-de-Gaulle, et bifurquent rapidement vers les parcs. La Norvège et l'Islande sont peu compatibles avec un agenda urbain dense. Le Portugal et l'Écosse, en revanche, mêlent facilement capitales (Lisbonne, Édimbourg) et routes de campagne.

Une fois ces six questions traitées honnêtement, la liste de destinations se réduit d'elle-même. Ce qui reste correspond à ce que vous êtes vraiment prêt à faire, pas à l'idée que vous en aviez depuis votre canapé.

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