Road trip en Alaska : notre boucle de 12 à 15 jours depuis Anchorage, du Kenai au cercle arctique
Le bateau coupe les moteurs à deux cents mètres d'un mur de glace haut comme un immeuble de dix étages. On attend. Puis un pan du glacier se détache dans un fracas de tonnerre, s'effondre dans la baie d'Aialik, et la houle soulève la coque pendant que des phoques dérivent sur les blocs bleus. C'est le premier matin du voyage, et l'Alaska vient de donner le ton. Six cents kilomètres plus au nord, à deux heures et demie du matin, le Denali se reflète sans une ride dans le Wonder Lake, éclairé par un soleil qui ne se couche pas. Plus loin encore, une piste de gravier file droit vers le cercle arctique le long d'un oléoduc argenté, sans une pompe à essence sur des centaines de kilomètres. Et tout au bout d'une route défoncée, une ville minière de bois rouge dort au pied d'un glacier, abandonnée depuis 1938. Voilà l'Alaska qu'on est venu chercher : trop grand pour tenir dans une seule image.
Ce road trip relie ces scènes en une boucle depuis Anchorage. On descend d'abord vers le sud, jusqu'aux fjords de Kenai et à cette journée en bateau qui change la mesure de tout. On remonte ensuite plein nord par la Parks Highway, face au Denali, jusqu'à Fairbanks et la porte de l'Arctique. On y pousse une pointe sur la Dalton Highway, la piste des camions du pétrole, jusqu'au seuil du parc le plus sauvage du pays. Puis on redescend par la Richardson, on s'enfonce sur la piste de McCarthy vers la plus grande réserve des États-Unis, on gagne Valdez par un col qui bat des records de neige, et l'on referme la boucle par la Glenn Highway et ses glaciers. Douze à quinze jours, dans la seule fenêtre où tout cela est possible : de la fin mai au début septembre.
Fond © OpenStreetMap · © CARTO - 1. Anchorage
- 2. Seward et les fjords de Kenai
- 3. Portage, Girdwood et le bras de Turnagain
- 4. Talkeetna, face au Denali
- 5. L'entrée du parc Denali
- 6. Fairbanks
- 7. Delta Junction, bout de l'Alaska Highway
- 8. Glennallen, carrefour des Wrangell
- 9. McCarthy et la mine de Kennecott
- 10. Valdez, par le col de Thompson
- 11. Palmer et la vallée de la Matanuska
- ↳ détour vers Gates of the Arctic
1 étape parc national du circuit détour
Dans quel sens rouler, et pour combien de jours
Le premier choix de ce circuit tient au sens de parcours, et il n'est pas neutre. Nous roulons dans le sens inverse des aiguilles d'une montre : Anchorage, puis le sud vers Kenai, puis le grand nord, puis le retour par l'est. Ce sens raconte une histoire qui monte. La journée en bateau de Seward sert de première claque : elle recalibre l'échelle d'entrée de jeu, et tout ce qui suit s'y mesure. Le voyage grimpe ensuite vers son sommet, la pointe arctique sur la Dalton, là où la route s'arrête et où le sauvage prend le relais. Le retour n'est pas une chute plate : il rapporte l'histoire des hommes, la ville morte de Kennecott, et la glace des Wrangell et de la Matanuska, avant de refermer la boucle en douceur près d'Anchorage.
Rouler dans l'autre sens garderait l'Arctique pour la fin, au moment où la fatigue est la plus lourde et où le retour deviendrait un anticlimax. Notre sens finit au contraire par les glaciers accessibles de la Glenn Highway, à une heure de la voiture à rendre. Il y a aussi un argument pratique : la boucle évite de refaire deux fois les mêmes routes, et l'on cale le passage à Denali sur les réservations de navette, difficiles à obtenir en été.
Sur la durée, tablez sur douze à quinze jours. Le piège du débutant, c'est de raisonner en kilomètres : ici, on raisonne en heures. Les routes sont à deux voies, souvent lentes, parfois en gravier, et les distances trompent. Une seule pointe optionnelle change tout : la Dalton et l'Arctique ajoutent deux à trois jours à eux seuls.
Acte I. Anchorage et le bras de Turnagain
On récupère la voiture à Anchorage, la seule vraie ville de l'État, posée sur le bras de mer de Cook Inlet et cernée par les monts Chugach. On ne s'y attarde pas : la route commence dès qu'on prend la Seward Highway vers le sud. En quelques kilomètres, elle se glisse entre la falaise et l'eau, le long du bras de Turnagain. Le nom vient de l'équipage de Cook qui, en 1778, dut « faire demi-tour » ici en cherchant en vain le passage du Nord-Ouest.
Ce bras de mer connaît l'un des plus forts marnages d'Amérique du Nord. À marée montante, l'eau revient parfois en une vague unique qui remonte le chenal, le mascaret, spectacle rare qu'on guette depuis la route. À Beluga Point, des bélugas blancs chassent le saumon à quelques mètres du bord. Sur les corniches au-dessus de la chaussée, à Windy Corner, des mouflons de Dall broutent à hauteur de pare-brise. Une consigne, une seule, mais absolue : ne marchez jamais sur les vasières découvertes à marée basse, cette boue glaciaire piège comme des sables mouvants. On pousse une pointe à Girdwood, où un téléphérique monte au-dessus de la forêt pluviale du Nord, puis à la vallée de Portage et son glacier, avant de filer sur Seward. C'est l'acte de mise en route : on prend la mesure du décor sans encore l'affronter.
Acte II. Seward, les fjords de Kenai et la journée en bateau
Seward tient dans le fond de la baie de Resurrection, port de pêche adossé à la montagne. C'est ici que se joue la journée qui change tout : l'embarquement pour une croisière dans le parc national de Kenai Fjords. Le bateau descend la baie, franchit la houle du large, puis entre dans un fjord fermé par un glacier qui plonge droit dans la mer. On coupe les moteurs, on attend, et l'on voit un pan de glace se détacher et tomber à l'eau dans un bruit de tonnerre. Autour de la coque, la vie déborde : baleines à bosse qui soufflent, orques en chasse, loutres de mer sur le dos, otaries de Steller vautrées sur les rochers, macareux qui décollent en rasant l'eau. En une sortie, on comprend l'échelle de l'Alaska et l'on ne la lâche plus.
Le lendemain se joue à terre, à l'Exit Glacier, le seul morceau du parc qu'une route atteint. On marche jusqu'au front de glace ; le long du chemin, des panneaux plantés aux dates des dernières décennies montrent où s'arrêtait le glacier chaque année. On remonte ainsi le temps de son recul, année après année, jusqu'à la glace d'aujourd'hui. Les plus en jambes montent le sentier du Harding Icefield, une journée rude au-dessus de la calotte glaciaire qui nourrit tous les fjords d'un seul et même réservoir de glace.
Acte III. La Parks Highway, Talkeetna et le Denali
On remonte vers le nord et l'on prend la Parks Highway, l'axe qui file vers l'intérieur. Premier arrêt, Talkeetna, petit bout du monde d'où partent les alpinistes du Denali. Leurs avions à skis décollent d'ici pour se poser sur les glaciers de la montagne, et par temps clair, le front de rivière du village cadre le Denali, planté une centaine de kilomètres plus au nord. On y traîne une matinée, entre le vieux relais de poste et les cafés de bois.
Puis vient le Denali lui-même, plus haut sommet d'Amérique du Nord du haut de ses 6 190 mètres, rebaptisé de son nom autochtone en 2015. Le parc n'a qu'une route, longue de plus de 140 kilomètres ; les voitures ne vont que jusqu'au Mile 15, à la rivière Savage, et l'on continue au-delà en navette. Ces dernières années, un glissement de terrain a coupé cette route vers le Mile 43 : renseignez-vous sur l'accès et les navettes avant de partir. Même l'avant-pays fourmille de vie : grizzlys sur la toundra, caribous, orignaux, mouflons, parfois un loup. Reste la question qui hante tout le monde : verra-t-on la montagne ? Un visiteur sur trois seulement l'aperçoit, si souvent voilée de nuages. Quand elle se dégage, elle occupe un tiers du ciel et l'on comprend son surnom, « la haute ».
Acte IV. Fairbanks et la porte de l'Arctique
Fairbanks, deuxième ville de l'État, marque le cœur de l'intérieur, terre de climat extrême. En juin, le soleil ne se couche pas : depuis 1906, la ville dispute un match de baseball à minuit, sans éclairage. Dès la fin août, la nuit revient assez pour ramener les aurores. Mais Fairbanks est surtout le tremplin vers la pointe la plus haute du voyage.
C'est ici le détour vedette, l'expédition dans l'expédition : la Dalton Highway. Six cent soixante-six kilomètres de piste, en grande partie non goudronnée, ouverte en 1974 comme route de service de l'oléoduc trans-Alaska, qu'elle suit comme une ombre argentée. Elle traverse le Yukon sur un pont au tablier de bois, atteint le cercle arctique vers le Mile 115, puis franchit la chaîne Brooks au col d'Atigun, à 1 444 mètres, le plus haut col routier entretenu de l'État. Les services sont quasi nuls : Coldfoot au Mile 175, le hameau de Wiseman, et rien d'autre. Les camions y sont chez eux ; une radio CB est vivement conseillée pour les entendre dans les côtes aveugles. Surtout, les loueurs classiques interdisent la Dalton : il faut un véhicule d'un loueur spécialisé, avec deux roues de secours et une assurance gravier.
Au bout, ou plutôt le long de son flanc est, s'ouvre Gates of the Arctic, le parc national le moins visité du pays. Il n'a aucune route et aucun sentier : on quitte le véhicule et l'on marche dans la nature brute, ou l'on saute dans un petit avion depuis Bettles pour se poser sur un banc de gravier. La plupart des conducteurs vont jusqu'au panneau du cercle arctique ou jusqu'à Coldfoot, puis font demi-tour. C'est déjà une expédition. La route vous mène au seuil exact du monde sans routes, et là, elle s'arrête.
Acte V. La Richardson, la piste de McCarthy et les Wrangell
On redescend de l'intérieur par la Richardson Highway, la toute première route de l'Alaska, née d'une piste de la ruée vers l'or entre Valdez et Fairbanks. Elle longe l'oléoduc à son tour. En chemin, Delta Junction marque le bout officiel de l'Alaska Highway, à son borne 1 422. Puis vient Glennallen, carrefour des routes et porte des Wrangell.
Le parc national de Wrangell-St. Elias est le plus vaste des États-Unis, 53 000 kilomètres carrés, plus grand que la Suisse. C'est un mur de volcans, dont le mont Wrangell qui fume encore et le mont St. Elias, deuxième plus haut sommet du pays à 5 489 mètres. Deux pistes de gravier seulement y pénètrent ; on prend la McCarthy Road, une centaine de kilomètres posés sur une ancienne voie ferrée où traîne parfois un clou de rail. Elle s'arrête à une passerelle au-dessus de la rivière Kennicott : on laisse la voiture, on traverse à pied, et une navette mène les derniers kilomètres à McCarthy et Kennecott. Là se dresse une ville de cuivre fantôme, son moulin de bois rouge haut de quatorze étages accroché à la pente, en activité de 1911 à 1938, puis abandonné du jour au lendemain quand le minerai s'est tari. Au-dessus, le Root Glacier se marche crampons aux pieds, une journée sur la glace bleue. C'est le second sommet du voyage, celui de l'histoire des hommes.
Acte VI. Valdez, le col de Thompson et le retour par la Glenn Highway
De Glennallen, la Richardson plonge vers le sud et Valdez. Elle franchit le col de Thompson, à 816 mètres, l'un des endroits les plus enneigés d'Alaska, avec des hivers à plus de vingt mètres de neige. Juste après, le canyon de Keystone laisse tomber deux cascades le long de ses parois, Bridal Veil et Horsetail. Valdez apparaît au fond de son bras de mer, port libre de glace le plus au nord du pays et terminal de l'oléoduc, cerné de montagnes et de glaciers. On y embarque pour approcher le glacier de Columbia. La ville a été reconstruite après le séisme de 1964, qui avait liquéfié son emplacement d'origine.
Puis on referme la boucle. On remonte à Glennallen, on prend la Glenn Highway vers l'ouest, et l'on croise le glacier de la Matanuska, l'un des rares qu'on atteint en voiture : sa langue de glace descend presque jusqu'à la route, et l'on y marche par un accès privé. Plus loin, Palmer et la vallée de la Matanuska rappellent une colonie agricole des années 1930, connue pour ses légumes géants à la foire de l'État. On rentre dans Anchorage, la boucle bouclée, après avoir fait le tour d'un pays grand comme un continent. On rend les clés là où on les a prises, mais plus rien n'a la même taille.
Les trois parcs nationaux que cette route traverse
La fenêtre alaskienne : quand partir
Ce voyage a une contrainte qui commande tout le reste : il ne se fait que dans une fenêtre courte. Les routes et les services de ce circuit ouvrent en gros de la fin mai à la mi-septembre. Hors de cette fenêtre, l'Alaska redevient un pays d'hiver et la plupart de cette boucle ferme, tout simplement.
En juin, le soleil de minuit règne : près de vingt-quatre heures de jour à Fairbanks autour du 21. C'est magique, mais les moustiques sont à leur pire et la haute toundra de Denali garde encore des plaques de neige en début de mois. Juillet et août sont les plus chauds et les plus verts, tous les services ouverts, mais aussi les plus fréquentés et les plus chers : bateaux et navettes se remplissent. La fin août est notre fenêtre préférée : les nuits redeviennent assez sombres pour les premières aurores, les jours restent doux, et l'épilobe rougit la toundra. En septembre, les couleurs d'automne flambent vite et court, mais tout commence à fermer : les navettes de Denali s'arrêtent, la Dalton devient hasardeuse, la neige revient sur les cols. Un détail décide de bien des dates : les aurores exigent l'obscurité, impossible sous le soleil de minuit de juin.
Conduire en Alaska : distances, essence et gravier
Les distances trompent : on raisonne en heures, pas en kilomètres. Les routes sont à deux voies, ralenties par le gravier et les camping-cars, et les ordres de grandeur donnés dans ce récit tiennent compte de cette lenteur. L'essence se surveille comme une ressource : faites le plein à chaque village, car les tronçons vides sont longs. La Dalton est la plus exigeante, avec Coldfoot pour seule pompe sur des centaines de kilomètres ; la McCarthy Road et la Denali Highway n'en ont aucune.
Le gravier mérite sa propre ligne. La McCarthy Road, la Denali Highway et surtout la Dalton sont non goudronnées : roche coupante, poussière, et parfois un clou de rail sur l'ancienne voie ferrée de McCarthy. Le point dur, c'est la location : les contrats ordinaires interdisent le gravier et nommément la Dalton et la McCarthy Road. Il faut un loueur spécialisé qui les autorise, idéalement avec deux roues de secours et une assurance gravier, ou un second véhicule tout-terrain pour la seule pointe arctique. Ajoutez la faune sur la chaussée, l'orignal surtout au crépuscule, vrai risque de collision. Sur les tronçons sauvages, aucun réseau : téléchargez vos cartes hors ligne, emportez eau, vivres et couches chaudes.
Les parcs qu'on ne rejoint qu'en avion
Cette boucle ne touche que l'Alaska qu'on peut conduire, et c'est déjà beaucoup. Mais l'État compte huit parcs nationaux, et la plupart n'ont aucune route : l'Alaska routier n'est que le début, huit silos alaskiens à mailler au bout du compte. Le premier, on l'a frôlé sur la Dalton : Gates of the Arctic, dont on ne franchit vraiment le seuil qu'en petit avion depuis Bettles, sans une route ni un sentier à l'intérieur. Les autres se gagnent de la même façon, l'hydravion au décollage.
Lake Clark se rejoint en hydravion depuis Anchorage, entre volcans, lacs turquoise et ours bruns du littoral. Katmai abrite les célèbres ours pêcheurs des chutes de Brooks, atteint par hydravion via King Salmon, et sa vallée des Dix Mille Fumées. Glacier Bay s'ouvre depuis Gustavus, par avion ou par bateau, sur ses glaciers de marée et ses baleines du passage Intérieur. Quatre parcs, quatre décollages : de quoi nourrir un deuxième voyage, quand celui-ci vous aura donné le goût du reste.
Les parcs alaskiens qu’on gagne en avion
Les variantes du circuit
Version dix jours, sans McCarthy. Pas deux semaines devant vous ? On coupe le tronçon le plus lent et le plus rude, la piste de McCarthy et la plongée dans les Wrangell. Le circuit garde alors sa colonne vertébrale : Anchorage, le Kenai, Denali, Fairbanks, puis le retour par la Richardson et la Glenn. On gagne deux à trois jours sans casser le récit.
Le retour par le ferry. Plutôt que de reprendre la route depuis Valdez, on peut charger la voiture sur un ferry de l'Alaska Marine Highway et glisser à travers le détroit du Prince William, entre les glaciers, pour rejoindre Whittier près d'Anchorage. Une autre façon de refermer la boucle, à réserver bien à l'avance.
La pointe jusqu'à l'océan Arctique. Pour les plus aguerris, la Dalton se poursuit au-delà du cercle arctique jusqu'à Deadhorse et Prudhoe Bay, sur la mer de Beaufort. C'est un aller-retour de plusieurs jours sur le gravier, réservé aux équipages bien préparés, mais c'est aller toucher le bout du continent.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour un road trip en Alaska ?
Pour cette boucle depuis Anchorage, comptez douze à quinze jours : le Kenai, Denali, la pointe arctique par la Dalton, puis McCarthy et Valdez. En version courte, dix jours suffisent si l'on renonce à la piste de McCarthy.
Quand partir en Alaska pour ce circuit ?
De la fin mai à la mi-septembre, la seule fenêtre où routes et services sont ouverts. Juin offre le soleil de minuit, la fin août les premières aurores et les couleurs, et dès septembre tout commence à fermer.
Faut-il un 4x4 pour ce road trip ?
Pas pour la colonne vertébrale goudronnée du circuit. En revanche, la Dalton et la McCarthy Road sont en gravier et interdites aux locations ordinaires : il faut un véhicule d'un loueur spécialisé, avec roues de secours et assurance gravier.
Peut-on visiter l'Alaska sans prendre l'avion ?
Toute cette boucle se fait par la route, sans un seul vol. Mais visiter l'Alaska en entier suppose de voler : cinq des huit parcs nationaux de l'État, dont Katmai et Glacier Bay, ne se rejoignent qu'en hydravion ou en bateau.
La Dalton Highway et Gates of the Arctic valent-ils le détour ?
Oui, si l'on est équipé : c'est le sommet du voyage, la route qui vous dépose au seuil du parc le plus sauvage du pays. Sans le véhicule adapté, un tour guidé d'une journée depuis Fairbanks jusqu'au cercle arctique en donne un avant-goût honnête.