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Faune de Great Basin : quels animaux voir et où les observer

Par Jocelyn Pion · Données : National Park Service · ← Guide complet Great Basin

Great Basin n'a pas les bisons de Yellowstone ni les alligators des Everglades, mais le parc national du Nevada abrite une faune étonnamment variée, répartie sur plus de 2 400 mètres de dénivelé entre les plaines à sagebrush (vers 1 500 m) et les éboulis alpins de Wheeler Peak, tout près des 4 000 mètres. Cinq espèces concentrent l'essentiel des rencontres : le cerf mulet, l'antilocapre, le pika d'Amérique, le puma et le crotale du Grand Bassin. Le cerf mulet est l'animal le plus communément croisé, présent de la plaine jusqu'aux lisières de pinèdes ; le pika, lui, incarne les zones alpines et se signale par son cri perçant bien avant d'être aperçu.

Les animaux emblématiques de Great Basin

Le cerf mulet (Odocoileus hemionus)

Le cerf mulet tient son nom de ses grandes oreilles qui évoquent celles d'une mule. La robe est fauve en été, gris-brun en hiver, avec une croupe blanche bien visible à la fuite. Les mâles portent des bois branchus de juin à décembre, puis les perdent au cœur de l'hiver : si vous trouvez un andouiller sur un sentier, c'est tout à fait normal. C'est l'animal le plus souvent observé dans le parc, à toutes les altitudes.

Où et quand l'observer : la Wheeler Peak Scenic Drive est le meilleur terrain, surtout à l'aube et en fin d'après-midi. Les cerfs se tiennent en lisière des pinèdes de genévriers et de pins à une seule graine. Le soir, ils descendent parfois dans les campings ; rangez vos provisions dans les coffres prévus à cet effet.

L'antilocapre (Antilocapra americana)

L'antilocapre, souvent appelée « pronghorn », est unique au monde : ni cerf, ni antilope véritable, elle est le seul représentant de sa propre famille. On la reconnaît à ses cornes courtes à crochet (présentes chez les deux sexes), à ses flancs fauve et blanc et à sa large croupe blanche. Elle est capable de maintenir 60 km/h sur de longues distances, ce qui en fait l'un des mammifères terrestres les plus rapides d'Amérique du Nord.

Où et quand l'observer : les antilocapres fréquentent les grandes plaines ouvertes autour du parc, notamment aux abords de la route 487 vers Baker. Elles vivent en petits groupes et sont actives en journée. Printemps et automne sont les meilleures saisons ; binoculaires recommandés depuis le bord de route.

Le pika d'Amérique (Ochotona princeps)

Le pika ressemble à un hamster aux oreilles rondes : c'est en réalité un proche cousin du lapin. Son cri perçant, une sorte de « eik ! » aigu, vous signale sa présence bien avant que vous l'aperceviez. Diurne et très actif, il coupe des herbes en été et les fait sécher en petites meules sous les rochers pour se constituer des réserves hivernales. Le pika ne hiberne pas : il vit à plein régime toute l'année, même sous la neige.

Où et quand l'observer : uniquement dans les zones de talus rocheux au-dessus de 2 700 mètres, notamment sur le sentier menant à Wheeler Peak. L'observation est quasi garantie en juillet-août. Le pika est très sensible à la chaleur et constitue un indicateur précoce des effets du changement climatique en altitude.

Le puma (Puma concolor)

Le puma (ou lion des montagnes, ou cougar) est le grand félin de l'Ouest américain. Fauve uni sans taches à l'âge adulte, il pèse entre 30 et 90 kg selon le sexe. Les rencontres directes sont très rares : solitaire, crépusculaire et nocturne, il évite activement l'humain. Les traces dans la boue ou la neige fraîche (empreintes rondes de 7 à 9 cm, sans griffes visibles) sont bien plus fréquentes que l'animal lui-même.

Où et quand l'observer : le puma occupe l'ensemble du parc. Les chances de l'apercevoir, infimes mais réelles, se situent aux heures de lever et coucher du soleil sur les sentiers de haute altitude. Si vous randonnez seul, signalez votre itinéraire et consultez les alertes en cours sur le site du NPS.

Le crotale du Grand Bassin (Crotalus oreganus lutosus)

C'est le seul serpent venimeux du parc. Sa coloration ocre à brun grisâtre le rend difficile à distinguer sur un fond de roches ou de litière végétale. Deux critères d'identification : la tête triangulaire et la sonnette à l'extrémité de la queue. Il est actif par températures douces (15 à 30 °C) et se met à l'abri sous les rochers lors des grosses chaleurs ou du froid nocturne.

Où et quand l'observer : zones rocailleuses et broussailles basses à basse et moyenne altitude, surtout au printemps et en automne. Ne glissez jamais les mains sous une pierre ou dans une fissure sans regarder. Si vous en croisez un sur le sentier, reculez calmement et contournez : le crotale ne cherche pas le contact.

Coyote, renard ou loup ? Les distinguer d'un coup d'œil

Illustration sérigraphiée : Coyote, renard ou loup ? Les distinguer d'un coup d'œil

Le coyote (Canis latrans) est le canidé le plus visible du parc. Plus petit qu'un loup (15 à 20 kg), il a le museau pointu, les oreilles droites et une démarche alerte. On le croise souvent aux abords des campings à l'aube. Le renard gris (Urocyon cinereoargenteus) est encore plus petit et plus discret ; il fréquente les zones boisées. Le loup gris (Canis lupus) est absent de Great Basin : si vous pensez avoir vu un très grand canidé, c'est presque certainement un coyote robuste.

Où voir les animaux dans Great Basin

Le parc est compact, et les zones de faune se distribuent nettement selon l'altitude.

La Wheeler Peak Scenic Drive (20 km, jusqu'à 3 000 mètres) traverse les biotopes les plus riches : cerfs mulets en lisière de forêt, spermophiles de Townsend sur les talus, geais de Steller dans les pins. Arrivez avant 9 h ou restez jusqu'au coucher du soleil.

Les éboulis du sentier Wheeler Peak (dès 2 900 m) sont le territoire des pikas. Installez-vous quelques minutes près d'un bloc de rochers et attendez : vous entendrez le cri caractéristique bien avant de voir l'animal se faufiler entre les pierres.

La route 487 vers Baker et les plaines alentour sont les meilleurs terrains pour les antilocapres, repérables depuis le bord de route en pleine journée.

Au crépuscule aux abords des Lehman Caves, les chauves-souris sortent en nombre. Great Basin abrite plus d'une douzaine d'espèces de chiroptères et bénéficie du label International Dark Sky Park : les nuits sans lune sont idéales pour les observer en chasse au-dessus des prairies.

Les sentiers Baker Creek et Bristlecone offrent de bonnes conditions pour les rapaces : faucon crécerelle, épervier de Cooper et, dans les zones ouvertes, l'aigle royal. Le guide des randonnées de Great Basin détaille les accès et les niveaux de difficulté.

Quand observer la faune de Great Basin

La fenêtre la plus riche s'étend de mi-juin à mi-septembre : les pikas et espèces de haute altitude sont actifs, les routes d'altitude sont dégagées et les longues journées multiplient les opportunités. Le printemps (avril-mai) et l'automne (septembre-octobre) favorisent les reptiles, qui profitent des températures douces, et les prédateurs en déplacement. La Wheeler Peak Scenic Drive ferme dès les premières neiges importantes.

Pour tous les mammifères, les créneaux d'or sont l'aube et le crépuscule : prévoyez d'être en position 30 minutes avant le lever du soleil. Les chauves-souris et le puma entrent en activité après le coucher du soleil. Pour le détail des conditions mois par mois, consultez le calendrier de visite de Great Basin.

Prédateurs et grands animaux de Great Basin

Le puma est le grand prédateur terrestre du parc. Il régule les populations de cerfs mulets et d'antilocapres et reste l'unique animal susceptible de causer un incident grave si la distance de sécurité n'est pas respectée.

L'ours noir (Ursus americanus) est présent dans les zones boisées de haute altitude. Les rencontres sont peu fréquentes, mais le rangement de la nourriture est une obligation réglementaire dans tous les campings. Contrairement aux idées reçues, l'ours noir n'est pas toujours noir : sa robe varie du blond cannelle au brun-noir selon les individus.

L'aigle royal (Aquila chrysaetos) domine les airs au-dessus des crêtes et chasse les rongeurs et les lièvres dans les zones ouvertes. Le grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus) prend le relais la nuit. Le coyote, lui, assure une régulation constante des rongeurs, lièvres et petits reptiles sur l'ensemble du parc.

Observer la faune en sécurité

Distances à respecter : 30 mètres minimum pour tous les mammifères sauvages, 90 mètres pour les ours et les pumas. Si un animal modifie son comportement à votre approche (il lève la tête, cesse de brouter, s'éloigne), vous êtes trop proche. Reculez sans courir.

Ne jamais nourrir les animaux, même les spermophiles ou les écureuils qui paraissent inoffensifs. Un animal habitué à la nourriture humaine perd sa méfiance naturelle ; les rangers sont alors contraints de l'euthanasier.

Serpents : restez sur les sentiers balisés et regardez avant de poser les mains sur des rochers exposés au soleil. En cas de morsure de crotale, immobilisez le membre touché, restez calme et rejoignez les secours sans délai. N'incisez pas, ne sucez pas, n'appliquez pas de garrot.

Rangement de la nourriture : dans les campings, utilisez les boîtes métalliques fournies ou un bear canister homologué. Cela vaut pour le dentifrice et la crème solaire aussi bien que pour vos aliments. La réglementation NPS l'impose ; une infraction expose à une amende.

Chiens : autorisés dans le parc mais tenus en laisse (maximum 1,80 mètre) et interdits sur les sentiers de randonnée balisés.

Pour les procédures complètes en cas de rencontre avec un ours ou un puma, consultez le guide de Great Basin.

En bref : les espèces à ne pas manquer et où les chercher

Le cerf mulet se croise sans effort sur la Wheeler Peak Scenic Drive, dès l'aube. L'antilocapre se repère depuis la route 487, en journée, dans les plaines autour de Baker. Le pika demande de l'altitude (au moins 2 700 m) mais récompense largement l'effort : cherchez-le dans les éboulis rocheux en juillet-août. Les chauves-souris sortent au crépuscule aux abords des Lehman Caves. Et si vous entendez une sonnette sur un sentier pierreux, reculez calmement : c'est le crotale du Grand Bassin qui vous demande de l'espace.

Questions fréquentes

Y a-t-il des animaux dans le parc national de Great Basin ?

Oui, le parc abrite une faune diversifiée répartie sur plusieurs étages d'altitude : mammifères (cerf mulet, antilocapre, puma, ours noir, coyote), reptiles (crotale du Grand Bassin), oiseaux (aigle royal, grand-duc d'Amérique) et une communauté de chauves-souris comptant plus d'une douzaine d'espèces recensées.

Quel est l'animal le plus commun dans le parc national de Great Basin ?

Le cerf mulet est l'animal le plus fréquemment observé par les visiteurs, présent du fond de la vallée jusqu'aux lisières de forêt à plus de 3 000 mètres d'altitude.

Quel est le plus grand animal de Great Basin ?

Parmi les prédateurs, le puma est le plus imposant, avec des individus pouvant atteindre 90 kg. Parmi les herbivores, le cerf mulet adulte peut peser entre 60 et 150 kg selon le sexe et la saison.

Quels sont les prédateurs du parc de Great Basin ?

Les principaux prédateurs sont le puma (grand félin solitaire et nocturne), le coyote (opportuniste et très commun), l'ours noir (présent en haute altitude) et, dans les airs, l'aigle royal et le grand-duc d'Amérique.

Quels animaux sont dehors la nuit à Great Basin ?

Le puma chasse principalement la nuit. Les chauves-souris (plus d'une douzaine d'espèces) entrent en activité juste après le coucher du soleil. Le coyote est actif aussi bien le jour que la nuit. Le crotale du Grand Bassin peut se déplacer en soirée lorsque les températures diurnes sont trop élevées. Great Basin est certifié International Dark Sky Park : les nuits sans lune sont particulièrement propices à l'observation des chiroptères en chasse.